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« Dégages ! Et ne reviens plus ! » Me cria-t-elle.Elle me poussa jusqu'à la porte. J'essayais de lui expliquer mais elle ne voulait rien entendre. Heureusement, j'avais prévu le coup. Je m'attendais à sa réaction. J'avais pris toutes mes affaires et m'étais débrouiller pour les faire entrer dans deux gros sacs.
Je mis un pied dehors et elle claqua la porte au nez. Je baissa la tête et me retourna et regarda le ciel. Il est bleu clair, le soleil brille mais il y a du vent. Beaucoup de vent. Celui du Sud, le mistral...
Je descendis les trois petites marches puis m'arrêta devant le portail. Je posa mes valises et ouvrit légèrement la fermeture de ma veste noir d'hiver. Je plongea ma main dans une de mes poches intérieur et je frissonna, le vent commençais à entrer dans ma doudoune. Je sortis à peine le papier de ma poche et vérifia la date : « Mardi 3 Février 2009 à 14h32. ». Je le remit dans la poche et m'empresse de refermer ma veste jusqu'à ce que je ne le puisse plus. Je mit ma capuche quand j'entendis la porte s'ouvrir. Je me retourna et elle me cria, pour que je l'entende malgré le vent.
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« Sort de chez moi ! Dépêche-toi ! Je ne veux plus jamais te revoir ! C'est compris ? » Elle ne me laissa pas le temps de lui répondre elle referma la porte. Je soupira, regarda le portail, mes valises puis ma montre : 10h20. J'ai donc à peine plus quatre heures pour me rendre à la gare. Je souffla et ouvrit le portail. Je posa aussi mon pied devant celui-ci pour qu'il ne se ferme pas. Je regarda une dernière fois la maison, mon ancienne maison. Je vis mon père et ma s½ur me regarder avec des yeux triste, je leurs souris grande motivation puis j'attrape mes valises et sort. Je laissa le portail claquer, avec l'espoir qui se casse, mais rien... Je me mit en route sur le trottoir. Je serais à la gare dans quarante-cinq minutes, au maximum. Je resterais là-bas jusqu'à quatorze heures trente...
Une fois devant la gare, j'étais épuisé d'avoir fait autant de marche avec tout ce poids au bout des mains. J'entre donc dans le Hall et alla m'assoir, seule, sur une chaise autour d'une petite table d'un bar. Un serveur vint me voir et je lui indiqua que je voulais une bouteille d'eau, histoire de ne pas squatter toute la matinée et le début de l'après-midi pour rien. Je plaça mes valises sous mes pieds, je ne tenais pas a ce qu'on me les voles, ce sont les dernières choses qu'il me reste. J'en profita pour sortir mon petit sac où se trouvais toute les choses importantes. Je sortis aussi un billet pour le payer dés qu'il reviendrais où sinon il risquait d'attendre longtemps. Je le lui donna quand il revint donc, j'insistai en lui expliquant que j'allais rester ici jusqu'à quatorze heures trente et il finit par accepter. J'avoue qu'il était pas mal, dans son genre... Il ne me laissa pas vraiment beaucoup de temps qu'il revint avec la monnaie. Je le remercia mais il ne partit pas il resta là, avec ses deux mains posé sur la table et son regard émeraude posé sur moi. Je releva la tête et l'interrogea du regard. Il perdit de l'assurance et rougit.
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« Je peut... M'assoir ? C'est l'heure de ma pause et.. »_
Je le coupa. « Oui, oui. Bien sûre !! »_
« Merci... »Il s'assit sur la chaise en face de moi et me sourit timidement.
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« Pourquoi est-tu venu si tôt ? » Me demanda-t-il avant de grimacer.
« Oops.. Désolé. C'est indiscret. » Il rougit mais ne bougea pas. Je souris légèrement et regarda le sol. Son regard devenait de plus en plus imposant.
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« Je me suis fait viré de chez moi... »_
« Tu es jeune pourtant, tu as quel âge ? » Me demanda-t-il._
Je posa mon regard sur lui. « J'ai treize ans... »_
Il grimaça légèrement. « Ils n'ont pas peur qu'ils t'arrivent quelque chose ? »_
« Je n'en sais rien... » Soupirais-je. « On ne dirait pas. Je n'ai plus le droit de rentrer chez moi maintenant. »_
Il fut pris par une grande surprise. « Et tu vas faire comment ? Tu vas où ? »_
« Je vais à Paris... Je vais me débrouiller, seule. »_
« Je peut te garder chez moi un petit peu si tu veux. »_
Je rougis. « Merci mais ça fait quelques temps que j'ai envie d'aller à Paris... » Je baissa la tête, je devais lui paraître stupide._
« D'accord... Si ce n'est pas trop indiscret... Pourquoi ils ne veulent plus te voir ? »_
Je le regarda de nouveau. « Je n'ai pas trop envie d'en parler... »_
« D'accord, d'accord... Comme tu veux. En tout cas si tu changes d'avis je serais là. »_
« Je ne sais pas si j'aurais assez d'argent pour revenir de toute façon. J'ai trois cents euros sur mon compte et vingt-cinq dans mon porte-monnaie. Je ne vais pas tenir très longtemps avec ça... »Il baissa la tête et parut réfléchir. J'en profita pour le détailler dans ma tête, c'était surement la dernière fois que je le reverrais... Ses cheveux brun, avec la mèche à la Zac Efron, le regard vert émeraude. Un visage bien dessiner et une silhouette mince. Il ne devait pas dépasser les vingt ans... J'aurais accepté qu'il me prenne chez lui si je n'avais pas cette envie extrêmement imposante d'aller à Paris, pour cette raison si particulière... Il me sortit de mes pensées quand il releva la tête.
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« Tu as un portable ? » Me demanda-t-il._
« Oui, mais ma mère va surement arrêter de me payer l'abonnement donc à la fin du mois je n'en aurais plus... »_
Il grimaça. « Euh... » Il réfléchit de nouveau mais cette fois en gardant son regard dans le mien. « Je sais ! » Sursauta-t-il presque. « Je reviens ! »Il se leva aussi vite que j'eus à peine le temps de distinguer ses gestes. Il rentra dans le bar et je ne le vis plus. Je baissa la tête et me mit à penser... Si je devais mourir, autant que j'aille à Paris pour essayer de réaliser mon rêve le plus cher. Une fois fait, je pourrais mourir sereinement...
Je me perdit dans mes pensées, je ne vis pas le temps passer. Quand il revint c'était déjà quatorze heures quinze. Il se rassit et je vis la casquette qu'il avait ramener.
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« Qu'est que c'est ? » Lui demandais-je sans quitter la casquette des yeux.Il la poussa légèrement vers moi et je distingua ce qu'il y avait à l'intérieur. Je posa mon regard dans le sien et il m'offrit un petit sourire. Je regarda de nouveau l'intérieur de la casquette, il s'y trouvais des billets avec des pièces.
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« Tes fous... Où tu as eu ça ? »_
« On s'en fous de comment je l'ai eu. C'est pour toi ! » Il l'avança encore un petit peu vers moi. « Il y a proche de cent cinquante euros... ça t'aideras un peu plus longtemps... »_
« Où ta trouver tout cet argent ? »_
« Je te le dis si tu les prends et que tu les mets dans ton porte-monnaie avant qu'on vienne nous les voler ! »Je posa mon regard dans le sien, il était sure de lui. Je soupira et il l'avança encore. Je sortis mon porte-monnaie et commença à mettre l'argent qu'il venait de m'offrir à l'intérieur. Il me regardais avec un magnifique sourire.
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« J'ai fait une collecte ! » Me dit-il, fière.
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« Et ils t'ont donner ? »_
« Bah oui... La preuve. »Je ris légèrement et mis la dernière pièce dans mon porte-monnaie avant de le refermer et de le ranger. Il mit alors la casquette sur sa tête et me sourit.
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« Y'a encore des gens avec un c½ur. »_
« Je vois... »Il venait de me prouver qu'il faisait partit de ces gens.
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« Tu sais que c'est de l'argent jeté par les fenêtres ?! » Ajoutais-je._
« Et pourquoi ? Ils t'aideront à vivre ! C'est beaucoup plus important que si ils s'achetaient des bonbons avec non ?! »_
Je soupira.
« Mais je vais mourir de toute façon ! »_
Il se redressa et ses trait devinrent dur. « Non ! Quand il te reste juste assez pour un billet de train tu reviens ici et je te prends chez moi ! »Je baissa la tête et il se radoucit petit à petit.
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« Je reviens... » Me dit-il.Je ne releva pas la tête et j'attendis, seulement. Cette fois il était de retour après quelques secondes. Je posa mon regard sur lui et il me tendit un petit bout de feuille. Je le pris et vis un défilé de chiffres.
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« C'est ton numéro de portable ? »_
« Oui, et en dessous celui de chez moi... Au cas où... »_
« D'accord. » Je le regarda et lui sourit faiblement. « Merci... J'essaierais de t'appeler. »_
« Merci. »Je plia le papier en deux et le rangea dans un coin sur de mon porte-monnaie. Il sourit puis je posa mon regard sur lui.
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« Tu es toujours en pause ? Ça fait plus d'une heure avec la collecte et tout... »_
Il me coupa.
« Non, je suis plus en pause. Enfin, si. J'ai pris un petit congé. Jusqu'à ce que tu partes. »_
Je fis les gros yeux. « Mais tes fous ! »_
« Non ! Mon chef a un c½ur, bizarrement... Et donc il m'a laissé l'après-midi jusqu'à ce que tu partes... »_
Je m'enfonça dans ma chaise.
« Merci... »_
Il me sourit.
« De rien. » Il fit une pause puis repris. « Tu veux quelques chose ? Je vais te l'acheter où je le prends du bar. Ça te feras des truck a acheter en moins. »Il ne me laissa pas le temps de répondre qu'il était déjà partit. C'est une manie ou quoi ? Je ris puis j'attendis en regardant les gens autour de moi. Des couples se tenant la main, se regardant en se souriant réellement, leurs pieds marchant à l'unisson... D'autres couples, qui ne se regardaient pas. Des personnes seules qui marchaient à toute vitesse et se perdais dans le gigantesque Hall de la gare de Marseille. Des enfants qui courraient, suivit de leurs parents. Je ris de nouveau puis tourna la tête. J'attendis encore une bonne dizaine de minutes puis il revint avec un sachet en plastique et un petit sac à dos. Il posa tout sur la table et se rassit. Je regarda dans le sac en plastique : Chips, gâteaux, bonbons et deux bouteilles d'eau. Dans le sac à dos rien. Je le regarde et il me sourit.
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« Si tu veux autre chose je peut aller le chercher. »_
« Sa iras... Merci beaucoup. » Je rougis et mis le sac en plastique dans le sac à dos._
« C'est normal... » Il me sourit légèrement. « Tu sais où est ce que tu veux aller précisément ? »_
« Oui... à Neuilly-sur-Seine. »_
« D'accord... » Il parut réfléchir puis repris. « Promet-moi que tu me téléphonera ! » Me supplia-t-il du regard._
« Je te le promet ! » Lui répondis-je._
Il sourit.
« Merci... » Il imposa un silence. « Tu t'appelles comment au faite ? »_
« Julia. Et toi ? »_
« Jérémy. »_
« D'accord. »Il m'offrit un sourire et je fis en sortes pour le le lui rendre. Je baissa la tête et posa le sac à dos sur mes genoux en vérifiant que mes deux autres valises étaient toujours là.
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« Je t'aiderais tant que je le pourrais, je te le promets... »_____